Nous étions à Hello La Tech, et notre robot humanoïde ONYRO a interpellé notre ancien président de la République.
Bon, pour être franc, nous savions qu'il devait passer... et nous avions appris à ONYRO à le reconnaître. En revanche, ce que nous n'avions pas prévu, c'est ce petit moment d'humour : ONYRO répond, discute, et prend parfois l'initiative de son propre chef.

Quelques jours plus tard, nous avons été invités à présenter ONYRO aux Rencontres de la Silver Économie. Il faut dire que l'enjeu est majeur : notre population vieillit et, dans moins de quinze ans, plus d'un Français sur quatre aura 65 ans ou plus. Ce sujet me tient particulièrement à cœur. J'ai créé Ipsum Tek en 2020 avec un projet totalement avant-gardiste : offrir à chaque personne âgée à la fois un majordome et un ange gardien.
Enfin, cet article sur la France pusillanime m'interpelle d'autant plus que je peux l'illustrer par une anecdote récente qui nous est arrivée. Nous avions confié à une société l'accompagnement de notre levée de fonds et la préparation de notre deck. La version que je leur ai proposée était ambitieuse : elle présentait nos robots mobiles industriels, déjà portés par une traction rare dans ce secteur, mais aussi notre robot humanoïde ONYRO, dédié à la Silver Économie et aux services, un cas quasi unique en France.
Cette ambition a pourtant posé problème. Je me suis entendu dire : ONYRO, non. Avec ce robot-là, vous allez faire peur à tout le monde !
Nous l'avons donc retiré du deck, alors même qu'il représentait un relais de croissance considérable pour l'entreprise.
Voilà peut-être le vrai sujet : ce n'est pas toujours l'échec qui nous fait peur... C'est parfois l'ambition elle-même.
Bernard Froment, CEO Ipsum Tek

Deux jambes pour être utile ?
Les humanoïdes reviennent fort. Ça brille. Ça impressionne. Mais dans un atelier, un entrepôt, une usine... a-t-on vraiment besoin d'un robot comme nous ?
Souvent, le besoin est plus simple : transporter, répéter, sécuriser, soulager. Sans ajouter de complexité.
Un robot n'a pas besoin d'avoir l'air humain pour être au service des humains. Le futur ne sera pas forcément humanoïde. Il sera surtout pragmatique.
Nous sommes devenus pusillanimes
Quel vieux mot oublié... et pourtant si actuel.

L'intention était noble d'inscrire le principe de précaution dans la Constitution française mais, peu à peu, ce principe semble avoir glissé vers la culture de la peur. À force de vouloir tout encadrer, tout sécuriser, nous avons cessé d'oser.
Pourtant, notre histoire est celle d'Hommes qui ont pris tous les risques : Gustave Eiffel, moqué avant que sa tour ne devienne le symbole du génie français ; Louis Pasteur, bousculant les certitudes pour sauver des vies ; Clément Ader, traité de rêveur avant d'ouvrir la voie à l'aviation ; Marie Curie mettant sa vie en danger, et tant d'autres. Aucun de ces esprits n'aurait pu émerger dans une société sans audace.
Aujourd'hui, pendant que d'autres innovent, explorent et parfois échouent pour mieux recommencer, nous débattons de ce qu'il vaudrait mieux éviter. Nous légiférons et doutons.
Mais le risque est le moteur du progrès. Son énergie vitale. La France n'a pas perdu ses talents. Elle a perdu sa capacité à prendre des risques. De pionnière, elle est devenue suiveuse. Et si tout partait de là : de notre peur collective de risquer ?
Souveraineté numérique : dire une chose... faire l'inverse
Alors que l'État pousse les administrations vers des solutions de confiance pour les données sensibles, l'Éducation nationale a prolongé jusqu'en 2029 son accord-cadre avec Microsoft, pour un montant maximal annoncé d'environ 152 millions d'euros HT. Une contradiction qui relance le débat : peut-on vraiment parler de souveraineté numérique quand certaines dépendances critiques restent aussi fortes ?
La souveraineté ne se décrète pas : elle se conçoit. En robotique, ça veut dire maîtriser logiciel, données, mises à jour, supervision et cycle de vie complet, pas une souveraineté de façade.
Un robot autonome, c'est aussi une surface d'attaque
ANYbotics rappelle que les robots de terrain liés à la Physical AI manipulent des données sensibles : cartes de sites, résultats d'inspection, états machines, anomalies et informations opérationnelles, parfois issues d'environnements critiques.
C'est exactement pour cela que la souveraineté ne peut pas être un vernis marketing. Dans un AMR, il faut savoir où passent les données, qui peut accéder au robot, comment les mises à jour sont déployées, ce qui peut être piloté à distance, et ce qui ne doit jamais l'être. C'est l'esprit de FlexCruiser-AS : penser la sécurité et la maîtrise dès la conception.
Quand la machine semble penser, notre cerveau baisse la garde
Dans le documentaire ARTE Notre cerveau nous joue des tours, A. Moukheiber rappelle que notre cerveau ne voit pas le réel tel qu'il est : il filtre, simplifie, interprète. Ces mécanismes nous aident à vivre, décider, faire confiance. Mais ils peuvent aussi nous tromper.
Avec l'IA, le piège devient plus subtil. Une machine qui parle bien, répond vite et semble sûre d'elle peut donner l'impression qu'elle comprend. Pourtant, elle reste incertaine : elle peut se tromper, reproduire des biais, influencer nos choix, parfois avec une assurance désarmante.
La question n'est donc pas de devenir méfiants envers les machines, mais d'apprendre à reposer les bases de la confiance. Faire confiance, ce n'est pas croire aveuglément. C'est comprendre les limites, questionner, recouper, accepter de réfléchir avec les autres.
Source : Notre cerveau nous joue des tours, documentaire ARTE en deux épisodes, réalisé par Vincent Amouroux.
Dans la robotique autonome, cette confiance doit se construire. Un robot ne doit pas rassurer parce qu'il impressionne, mais parce que son comportement est testé, documenté, prévisible et maîtrisable. Derrière chaque machine, il y a des humains qui devront vivre avec ses décisions : opérateurs, techniciens, aidants, patients, équipes de terrain. Notre responsabilité est donc simple : concevoir des robots dont on comprend les capacités, les limites et les risques. Un bon robot n'est pas une machine à laquelle on croit. C'est une machine autour de laquelle les humains peuvent continuer à penser, décider et se faire confiance.
NOTRE ACTUALITÉ
Retour terrain Global Industrie avec un AMR Ipsum Tek
Un robot. Un salon industriel. Des allées pleines. Du bruit. Des imprévus. Bref : le vrai terrain.
Cette année, nous étions présents à Global Industrie aux côtés de notre distributeur Metronelec. Et plutôt que de rester sur une démo parfaite, on a fait ce qu'on préfère : mettre notre AMR dans la vraie vie.
Naviguer au milieu des visiteurs, gérer les changements de flux, éviter les obstacles inattendus, rester fluide et lisible... C'est exactement là que l'autonomie se juge : quand rien ne se passe comme prévu.
Un grand merci à Metronelec pour l'accueil, l'énergie et la présence sur le stand.
ONYRO à Hello La Tech à Montpellier
Changement de décor : Montpellier, Hello La Tech, le 28 mai. On y a présenté ONYRO, notre robot humanoïde mobile, et surtout notre vision : une robotique française utile, concrète et souveraine, pensée pour accompagner les humains, soignants, aidants et équipes de terrain.
Moment marquant : ONYRO présenté notamment à François Hollande et Michaël Delafosse, avec ce mélange qu'on aime bien : sérieux... et un peu d'humour.
Un grand merci à la French Tech Méditerranée pour la mise en avant, l'accueil et l'organisation de cet événement, et pour avoir permis ces échanges directs avec le public.
ONYRO présenté à la Rencontre de la Silver Économie
ONYRO, la Silver Économie et une question simple : comment aider vraiment ?
Le 2 juin, nous étions présents à la Rencontre de la Silver Économie, à la CCI Nice Côte d'Azur. L'occasion de présenter ONYRO en conditions réelles : déplacement autonome, interaction avec les visiteurs, réponses aux questions.
Un moment important pour partager notre vision d'une robotique française utile, concrète et rassurante, au service du bien-vieillir, de l'autonomie et des équipes de terrain. Merci à la CCI Nice Côte d'Azur pour l'accueil et la qualité des échanges.